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ExpositionA Saint-Etienne, l'exposition Urbanus Cyclus prend place jusqu'au 7 janvier 2019 au Musée d'Art et d'Industrie. Le vélo en ville y est présenté par le prisme de sa place sociale.
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Du 3 mai 2018 au 7 janvier 2019, l'exposition Urbanus Cyclus prend place au Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Etienne. Sur l’appui de la grande collection du musée, les commissaires balayent tous les aspects du cycle, de la technique à la pratique. Grande boucle au pays du biclou.

Une exposition sociétale

“Pour me rendre à mon bureau alors j'achète un vélo
Un très joli tout nickelé avec une chaîne et deux clefs.”
George Brassens, Pour me rendre à mon bureau

Un vélo, qu’est-ce que c’est ? Deux roues, parfois trois, un cadre, un guidon, deux poignées et quelques rayons ? Certes. Un moyen de locomotion non motorisé propulsé par la transmission d’une force mécanique humaine ? Correct. Mais le vélo est surtout pour beaucoup un mode de vie et un vecteur de plaisir et de loisir, avant même d’être un moyen de transport.

Faire du vélo c’est un choix qui fait partie intégrante de nos vies, c’est être totalement détaché des contraintes et des aspects négatifs d’autres moyens de transport urbain. La voiture est contraignante, le métro bondé, nos pieds lents et limitants, bref, le vélo, c’est d’abord la liberté.

Démo de BMX flat par Melvyn Masson © Laurent Belando - Vélos Urbains

Urbanus cyclus n’est pas une exposition de beaux objets, encore moins une exposition historique. Sylvain Bois, commissaire général, et Anne Henry, commissaire scientifique, ont choisi une approche ethnographique pour présenter le cycle comme un un marqueur de nos sociétés. Le parcours proposé s’appuie sur une étude menée pour l’occasion par François Portet, et qui sera publiée sous le titre Le vélo en ville, une ethnographie des pratiques cyclables contemporaines, et des photographies de Jean-Claude Martinez.

Avant de parler dérailleur, cadre alu et garde boue, l’exposition met d’abord l’accent sur le plaisir du cycle : le retour aux sensations de l’enfance, les sports urbains tels que le BMX ou le Bike Polo, ou encore le plaisir de posséder une pièce d’exception. Pour chaque aspect, c'est ce que représente la pièce qui est mis en avant, plus que la pièce elle-même. Le tout, accompagné de photos et témoignages d’usagers, et de d’archives sélectionnées dans le fond documentaire du Musée d’art et d’industrie, référence en la matière pour ce qui est du vélo.

Exposition Urbanus Cyclus au Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Étienne - Photo : Fabrice Roure

Les cycles exposés sont aussi présentés par le prisme des changements sociétaux qu’ils ont vécus. Comment, par exemple, stocker un objet parfois si encombrant dans des appartements de ville, et comment déplacer un vélo dans les environnements où ça n’est pas lui qui nous déplace, comme le métro ?

Le cycle pose aussi des questions fortes d’urbanisme, comme la place des femmes en ville. Si aujourd’hui, rien n’est encore acquis, le cycle a permis une certaines prise de liberté des femmes, au point d’être aujourd’hui un critère pour déterminer la cyclabilité d’une ville : plus la ville est aménagée pour les vélos, plus la population en selle est mixte.

Une exposition technique et innovation

“En montée, c’est le vélo qui s’adapte à ton rythme, pas l’inverse”
Mon grand-père

Par son approche sociétale, les commissaires nous présentent diverses innovations et évolutions techniques du cycle pour la vie urbaine. L’une des clefs de la popularité du vélo réside dans sa simplicité, qui lui permet de se décliner sous toutes les formes, et donc de pouvoir s’adapter à autant de pratiques qu’il existe d’usagers. Du vélo à pignon fixe des coursiers New-yorkais aux triporteurs à assistance électrique pour faire les courses, Urbanus cyclus rend compte de tous les usages et tous les usagers.

En plus de pièces d’exceptions, sorties pour l’occasion des collections du MAI, comme le mythique vélo de livraison l’Equipe, ou un impressionnant Vélo-taxi Neelam indien, des solutions innovantes alternatives à la voiture en ville sont aussi mises en avant, comme le triporteur Addbike lyonnais. Déménager, livrer, transporter... À vélo tout est possible.

Vélo cargo4 ® DOUZE-Cycles

Pour vivre à vélo, il faut aussi avoir les bons accessoires. Ne pas arriver trempé au travail, ou avoir le casque le plus classe de la ville, les problématiques sont nombreuses, et les idées fusent pour adapter le vélo à nos modes de vie en ville. Au milieu des casques dinosaures et des sonnettes colorées, certaines innovations se distinguent. L’airbag de tête Hödving a une allure de tour de cou, et se déploie en casque intégral en cas de chute. Un moyen de palier au port du casque, tout en assurant sa sécurité.

Si le vélo s’adapte à l’Homme, la ville, elle, s’adapte au vélo. Dans de nombreuses villes européennes, les pistes cyclables fleurissent, et de plus en plus de mesures sont prises pour rendre la ville accessible aux cyclistes.

Exposition Urbanus Cyclus au Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Étienne - Photo : Fabrice Roure

Certaines capitales font figure d’exemples, comme Copenhague, jugée ville la plus plus cyclable du monde. La preuve en est, près de 50 % des déplacements maison -travail s’y font à vélo ! La championne française, Strasbourg, reste dans le peloton, avec 15 % des déplacements en petite reine. Un score cependant très au-dessus de la moyenne française de 2,1 %.

Pour appuyer ces efforts des villes, des travaux des étudiants de master de l’école d’architecture de Saint-Étienne, sous la direction de Claude Tautel et Sylvana Segapeli,sont exposés dans la dernière salle du parcours.

Une exposition locale

“- Vous allez garder le mien qui marche pas et moi je vais prendre le vôtre. Allez hop !

- Mais dites donc, ça fait deux fois que vous me faites ça ! Vous m'avez déjà pris mes chaussures, maintenant mon vélo… !”
Bourvil et De Funès, La grande vadrouille

Si cette exposition est aussi bien renseignée et documentée, c’est aussi par le génie des lieux. Saint-Étienne, avant de devenir capitale de la mine et de la sidérurgie, du football français dans les années 70, puis plus récemment du design reconnue par l'UNESCO, a été le berceau de la naissance du vélo en France. Du moins selon la légende. C’est en 1886 que les frères Gauthier se seraient inspiré d’un modèle de vélo anglais pour produire le premier vélo français.

Par la suite, Manufrance et son célèbre catalogue ont fait les belles heures du cycle stéphanois, en produisant et commercialisant de nombreux vélos à travers la France. Mais il n’étaient pas les seuls. Ravat, Automoto, Mercier, ces marques emblématiques reviennent aujourd’hui au goût du jour, dépoussiérés du fond du garage et remis sur les routes.

Pignon fixe Peugeot DL 121 - Photo : Ryosuke Kawai

Le Musée d’art et d’industrie est d’ailleurs souvent sollicité à ce sujet, pour retrouver des pièces d’origine. Avec plus de 350 vélos dans leurs stocks, dont 80 présentés dans l’exposition permanente, et de très nombreuses archives, le MAI est une référence aujourd’hui en matière de cycle français. Le musée fait aussi l’acquisition de pièces récentes, en prise avec les enjeux contemporains : le vélo en bambou de l’entreprise vosgienne In’Bö en est le bon exemple.

A mi-chemin entre société, innovation et patrimoine, comme trois piliers du design, cette exposition rend ses lettres de noblesse au vélo stéphanois. Une sorte de cycle au final.

Affiche de l'exposition Urbanus Cyclus, au Musée d'Art et d'Industrie de Saint-Étienne

Jacob Durand
Dans l'agenda
Du jeudi 3 mai 2018 au lundi 7 janvier 2019
Urbanus Cyclus
Musée d'Art et d'Industrie
2, place Louis Comte, 42000 Saint-Etienne
A Saint-Etienne, l'exposition Urbanus Cyclus prend place jusqu'au 7 janvier 2019 au Musée d'Art et d'Industrie. Le vélo en ville y est présenté par le prisme de sa place sociale.
sur actu.archi
Revue de presse
Publication : "Habiter le monde" de Philippe Simay présente des lieux insolites qui invitent à repenser l'écologie
Les effets de l’urbanisation et du changement climatique convergent de manière dangereuse. Les villes sont fortement vulnérables aux changements climatiques et vont devoir s’adapter. Selon l’ONU, des centaines de millions de personnes dans les zones urbaines à travers le monde seront affectées par la hausse du niveau des mers, l’augmentation des précipitations, les inondations, les cyclones, les tempêtes plus fréquentes et plus fortes, les périodes de chaleur extrême et de refroidissement. Mais aussi les changements de vie en société comme le nouveau rapport au travail, à la société de loisirs, au bien-être, etc. Pourtant, à travers le monde, certaines villes déjà ont anticipé cette adaptation. Philippe Simay, dans son livre Habiter le monde (ARTE Editions), nous entraîne dans une épopée de l’habitat humain où l’homme a su s’approprier un espace pour y vivre en sécurité, en société et en harmonie avec l’environnement. « Car habiter c’est prendre soin du monde et de soi-même ».
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