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ExpositionDu 12 juillet au 10 novembre, la Fondation Cartier présente l'exposition Nous les Arbres. À travers le regard de philosophes, d'artistes et de scientifiques, l'événement met en lumière toute la symbolique qui entoure l'arbre, son rôle de vecteur de mémoire et sa longévité qui à la fois dépasse et accompagne l'histoire des hommes.
Table-herbier, Luis Zerbini © Fondation Cartier
Table-herbier, Luis Zerbini © Fondation Cartier
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Remarquable, humble, empreint de sagesse, simple, symbole de renaissance et d'immortalité. L’arbre renvoie à autant d’images que les hommes se plaisent à raconter dans l’exposition Nous les Arbres présentée à la Fondation Cartier jusqu’au 10 novembre 2019.

L’événement questionne l’homme dans sa relation aux arbres, qu’il soit botaniste, artiste, philosophe ou simple contemporain.

L’arbre observé, admiré et rêvé

Longtemps considéré comme une « forme de vie inférieure », l’arbre est désormais célébré par tous. Le botaniste Francis Hallé explique :

“On pensait les arbres insensibles, qu’ils n’avaient pas de langage alors que c’est tout le contraire : ils ont une sensibilité que nous n’avons pas, ils savent des choses que nous ne savons pas.”

L’exposition entend ainsi restaurer ces interactions complexes entre l’homme et son environnement à travers un parcours scientifique et esthétique organisé en trois temps : la grande salle du rez-de chaussée, la petite salle et le sous-sol et enfin le jardin de la fondation.

L'homme au contact de l'arbre

Quand la grande salle du rez-de-chaussée de la fondation s’applique à mettre en formes et en images l’« expérience d’une complicité quotidienne vécue au cœur de forêts d’arbres observés, admirés et rêvés » par des artistes brésiliens et paraguayens, la petite salle qui lui fait face tend à restituer la relation intime de l’homme au contact de l’arbre.

D’un côté des peintures, monotypes et une large table-herbier invitent le public à déambuler entre toutes ces visions d’arbres, ses couleurs, ses matières, ses mouvements et ses bruits.

Grande salle du rez-de-chaussée © Fondation Cartier

De l’autre, le court-métrage Mon Arbre réalisé par Raymond Depardon et Claudine Nougaret raconte la relation quotidienne, intime ou anodine d’habitants, agriculteurs, touristes, retraités ou botanistes aux arbres qui les entourent.

« Tout le monde a un arbre dans sa vie, dans sa ville » lance un habitant de Lodève qui voit dans les arbres une autre forme de vie, pas moins dénuée de sens : « avec tous les flux et reflux de sève, c’est comme si on trouvait la mer dans tous les arbres ! » songe-t-il, « ils sont si immobiles et pourtant si vivants de l’intérieur ».

L'arbre au contact de l'homme

Si les énergies de l’arbre font l’objet de plusieurs œuvres dans cette petite salle du rez-de-chaussée, c’est désormais leur composition et par la même leur processus de destruction des forêts entamé par l’homme qui retient toute l’attention des quelques 180 œuvres exposées à l'étage inférieur du bâtiment.

Dans ce contexte, l’installation vidéo Exit réalisée par les architectes DILLER SCOFIDIO + RENFRO apporte un éclairage scientifique sur le processus de déforestation massif à l’œuvre dans trois forêts du Brésil, Cameroun et Indonésie en même temps que disparaissent les cultures et langues des peuples qui habitent ces régions du monde.

Exit 10, DILLER SCOFIDIO + RENFRO © Fondation Cartier

De l’Amérique Latine au vieux continent européen, en passant par le Moyen-Orient, photographes, architectes, peintres et dessinateurs portent leur regard sur la diversité des espèces d’arbres à l'échelle mondiale, leur symbolique, leur élégance mais aussi leur fragilité face aux activités humaines et le processus de dérèglement climatique.

Au coeur de la biodiversité urbaine

Le troisième volet de l’exposition nous donne rendez-vous dans le jardin de la fondation. Place au concret désormais, puisqu’on y retrouve entre autres le cèdre du Liban, planté par Chateaubriand en 1923. Rien que ça !

C’est d’ailleurs la richesse de la végétation qui aurait inspiré à Jean Nouvel, architecte de la fondation, une si grande transparence de l’ensemble permettant un dialogue entre l’extérieur et l’intérieur du bâtiment.

La Fondation Cartier et son jardin © Luc Boegly

Dans le jardin, un dispositif de QR code a notamment été mis en place pour en apprendre davantage sur les 24 espèces qui cohabitent dans cet espace, véritable exemple de biodiversité urbaine. Fiches scientifiques et anecdotes sont à découvrir pour chacune des espèces.

Symbolique et pédagogie

Aux grands arbres se mêlent désormais des œuvres installées pour l’occasion, à la symbolique plus ou moins parlante, comme pour cette œuvre de Fabrice Hyber, intitulée Paradis pour laquelle il écrivait en 2013 « lorsque je dessine un arbre, j’essaie de me mettre dans sa peau ».

Dans cette optique, l’artiste dessine et conçoit un arbre imaginaire dont les feuilles revêtent toutes les couleurs de peau des humains sur Terre, comme une métaphore de la symbiose entre l’homme et la nature.

Paradis, 2013 Fabrice Hyber © Marie Crabié

Si l’événement rappelle le caractère essentiel de l'arbre à la vie humaine et la nécessité de sa préservation, un apport théorique quant à la signification abstraite de certaines œuvres serait parfois bienvenu, pour, comme entend le faire la web-série produite dans le cadre de l'événement et prochainement en ligne, « rendre compréhensible l'urgence du changement climatique à travers la communication avec les arbres ».

Marie Crabié
Dans l'agenda
Du vendredi 12 juillet 2019 au dimanche 10 novembre 2019
Nous les Arbres
Fondation Cartier
261 Boulevard Raspail, 75014 Paris
Du 12 juillet au 10 novembre, la Fondation Cartier présente l’exposition Nous les Arbres. À travers le regard de philosophes, artistes, botanistes, l’événement met en lumière toute la symbolique qui entoure l’arbre, son rôle de vecteur de mémoire et sa longévité qui à la fois dépasse et accompagne l’histoire des hommes.