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ParutionToute la semaine, tema.archi vous présente un ensemble de livres se rapportant, de près ou de loin, à l'architecture et au monde urbain. Aujourd'hui, un essai qui tente de redorer l'image du vélo dans nos mentalités.
Olivier Razemon, Le pouvoir de la pédale : comment le vélo transforme nos sociétés cabossées, 2018, éditions Rue de l’échiquier, Paris
Olivier Razemon, Le pouvoir de la pédale : comment le vélo transforme nos sociétés cabossées, 2018, éditions Rue de l’échiquier, Paris
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Le Salon du Livre de Paris avait lieu le mois dernier au Parc des Expositions. La rédaction de tema.archi avait alors distingué cinq ouvrages traitant de questions relatives à l'architecture et à l’urbanisme.

Toute la semaine, nous revenons sur cette sélection à travers notre série « Un jour, un livre ». Aujourd’hui, un essai d'Olivier Razemon consacré à la place du vélo, et à ses pouvoirs.

Le vélo dans nos vies

L’ouvrage d’Olivier Razemon a pour projet de faire l’inventaire de toutes les possibilités qu’offre le vélo à la société. C’est donc une revue complète des atouts du vélo qui est ici mise en oeuvre à travers quatre angles : l’histoire, la société, l’économie et la politique. L’objectif est ainsi d’argumenter sur l’influence positive, qu’elle soit directe ou indirecte, que le vélo peut et devrait avoir dans nos vies. 

Olivier Razemon retrace alors pour commencer l’évolution du vélo, création tardive de l’homme, en parallèle de l’évolution des images que celui-ci véhicule. De jouet bourgeois, il devient le compagnon de route de l’ouvrier au début du XXe siècle, jusqu’à représenter aujourd’hui la « bonne conscience » du « bobo ».

Autant de préjugés que l’auteur s’attache à déconstruire en faisant le tour du monde des représentations du vélo. Le plus grand drame du vélo en France aura été d’apparaître comme le nouveau symbole du « bobo écolo », lui enlevant dès lors toutes crédibilités et possibilités de popularisation : 

“Comme les autres poncifs, le « vélo bobo » ne dit rien d’autre que le message suivant : « Cet objet est fait pour les autres, pas pour moi. ”

L’auteur dénonce donc le florilège de préjugés qui limite le développement des politiques cyclables pourtant si bénéfiques à la société. Attaché à une classe sociale privilégiée, au statut de loisir, de symbole écologiste, d’objet ridicule et dangereux, le vélo n’est pas une priorité politique quand bien même cet ouvrage s’attache à montrer le contraire.

Un symbole d'équilibre et de santé

Outre le plaisir, le vélo est ici peint comme symbole d’équilibre et de santé dans une société individualiste, qui pollue autant qu’elle se renferme sur elle-même.

“Il ne coûte presque que rien, modère les dépenses publiques, "rematérialise" l’économie, limite le gaspillage d’énergie.”

Un point de vue qui, aussi subjectif soit-il, est soutenu par une série de données nationales, européennes et internationales donnant autant d’arguments économiques que politiques en faveur d’une utilisation généralisée du vélo. L’auteur s’attache en effet à insister sur l’impact positif du vélo dans une économie nationale fatiguée.

L’ouvrage plaide enfin pour une « transition cyclable » initiée par des politiques aussi bien locales qu’européennes, en faveur d’une utilisation quotidienne du vélo afin de limiter les trajets pendulaires en voiture.

Une politique qui serait alors cristallisée par les fameuses pistes cyclables qui chaque année s’élargissent autant qu’elles se rabotent, ou disparaissent. Un manque de constance dans les actions publiques que Olivier Razemon décrie fortement avec l’exemple très actuel de l’échec du Vélib’. 

L'outil démocratique par excellence

L’auteur dessine ainsi une société idéale dans laquelle des cyclistes en bonne santé morale et physique, pédalent dans des centres villes aussi denses de commerces que désertées de voitures.

Un argumentaire qui peint le vélo comme l’outil démocratique par excellence dans la mesure où lui seul pourrait contrer la domination du « tout voiture » élitiste qui rejette le reste de la population vers des transports en commun toujours plus bondés : 

“Un nouveau modèle est à inventer, fondé sur la frugalité, le plaisir, l’utilisation rationnelle de l’énergie”

Autant de bienfaits qui ne demandent désormais plus qu’une évolution des mentalités, tant chez les élus que chez les électeurs. 

Olivier Razemon, Le pouvoir de la pédale : comment le vélo transforme nos sociétés cabossées, 2018, éditions Rue de l’échiquier, Paris. 

Marie-lys de Saint Salvy
sur images.archi
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Espaces et transparence
Siège social au*m à Lyon | au*m architectes
À Lyon, l'agence d'architectes au*m Pierre Minassian conçoit son propre siège social, un immeuble de bureaux contemporain en béton brut à l'image de l'approche architecturale de son équipe. Un projet qui démarre lors de la découverte d'une friche urbaine laissée à l'abandon, un lieu de réflexion urbaine sensible et représentatif des enjeux de revalorisation des périphéries de villes actuelles. Les architectes ont ainsi projeté le bâtiment, par sa structure et sa transparence, en tant que signal dans la ville, l'aboutissement d'une forme génératrice d'espaces et d'usages.
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