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ExpositionJusqu’au 24 septembre 2017, le Pavillon de l’Arsenal se met à l’heure nippone. Maquettes, croquis, documents et films nous racontent comment les architectes japonais ont su créer à Paris une architecture qui leur est propre, adaptée néanmoins aux spécificités de la capitale.
Hôpital Cognacq-Jay, 15, rue Eugène-Million, 75015 Paris, Toyo Ito, architecte, Extra Muros, architecte associé, avec Jun Yanagisawa (Contemporaries) et Manuel Tardits (Mikan), architectes Fondation Cognacq-Jay, maître d’ouvrage, 1999-2006 © Philippe Ruau
Hôpital Cognacq-Jay, 15, rue Eugène-Million, 75015 Paris, Toyo Ito, architecte, Extra Muros, architecte associé, avec Jun Yanagisawa (Contemporaries) et Manuel Tardits (Mikan), architectes Fondation Cognacq-Jay, maître d’ouvrage, 1999-2006 © Philippe Ruau
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A travers une scénographie très fluide, le musée parisien présente les différentes formes d’interactions architecturales entre la capitale française et les créateurs japonais depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui.

D’abord traditionnelle, l’architecture nippone telle qu’elle se fait connaître au cours du XXe siècle, est ensuite imprégnée par le mouvement moderne qui se développe depuis la France, avant qu’une nouvelle écriture japonaise ne soit portée au-devant du paysage architectural parisien.

Le Pavillon Satsuma, Exposition universelle, Paris, 1867. Usaburo Shimizu, maître d’ouvrage et concepteur. © Wikipedia

Du Japon traditionnel à la découverte du mouvement moderne

Les quatre expositions universelles qui se tiennent à Paris entre 1867 et 1900 révèlent le Japon tel qu’il se définit alors. Le pays y présente notamment une maison traditionnelle, une ferme ou encore un temple.

L’intérêt réciproque de la France et du Japon justifie à cette époque la mise en place de nombreux échanges culturels. C’est à l’occasion de l’un d’eux que deux architectes japonais se distinguent notamment, Junzō Sakakura et Kunio Maekawa. Après un séjour dans l’atelier de Le Corbusier, ils commencent à introduire dans leur pays les nouveaux concepts de l’architecture occidentale.

Projet de Junzo Sakakura pour le pavillon du Japon, Exposition internationale des arts et techniques dans la vie moderne, Paris, 1937. Photocollage, vers 1936. © Fonds Bossu. SIAF/Cité de l’architecture et du patrimoine/Archives d’architecture du XXe sièc

Auteur du Pavillon du Japon à l’Exposition universelle de Paris de 1937, Sakakura obtient à cette occasion le Grand prix d’architecture de l’événement, ex æquo avec les pavillons de l’Espagne et de la Finlande. Il devient ainsi le premier architecte japonais reconnu sur la scène internationale.

Vers une nouvelle architecture japonaise à Paris

Plus tard, un groupe d'urbanistes et d’architectes s'unissent pour former le Mouvement Métaboliste et apporter leur propre contribution dans la société du vingtième siècle marquée par la croissance urbaine et la consommation de masse. Une architecture dense et modulaire, qui offre une vision nouvelle de l’espace.

Avec à leur tête Kisho Kurokawa et Fumihiko Maki, ainsi que quelques grands noms tels que Kiyonori Kikutake, les architectes japonais se font remarquer dans leur participation aux grands concours publics que cette exposition nous révèle.

Vue de l'exposition - Pavillon de l'Arsenal

Si les participations aux concours du Centre Pompidou à Paris (Kishô Kurokawa) et plus tard ceux, entre autres, de la Grande Arche à La Défense (Kiyonori Kikutake), de la Grande Bibliothèque (Fumihiko Maki), ou de l’Opéra Bastille (Kishô Kurokawa) n’ont pas été retenus, ils sont cependant distingués pour leurs démarches innovantes et leur intégration à la ville.

Parallèlement, l’exposition « MA Espace-Temps du Japon » présentée en 1978 au Musée des Arts décoratifs de Paris connait un grand succès populaire et entraîne encore un regain d’intérêt pour le Japon.

Le Paris des Japonais

Kisho Kurokawa, Kenzo Tange et Tadao Ando sont les premiers à construire dans la capitale dès la fin des années 1980, respectivement avec la Tour Pacific à La Défense, le cinéma Grand Ecran et l’Espace de méditation du Siège de l’Unesco à Paris.

L’atrium du Grand écran, s.d. 30, place d’Italie, 75013 Paris Kenzo Tange avec Michel Macary, Xavier Menu, architectes la Foncière des Champs-.Elysées, maître d’ouvrage 1984-1992 In SD Space Design, no 372, septembre 1995/DR

Ces réalisations ouvrent la voie à une nouvelle génération de concepteurs japonais aujourd’hui représentés à Paris comme Toyo Ito et Shigeru Ban, ou en passe de l’être à l’instar de Kengo Kuma.

Après une longue procédure judiciaire qui aurait pu mettre en péril leur projet de rénovation de la Samaritaine, Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa de l’agence SANAA sont également en voie d’être désormais visibles au cœur de la capitale.

Transformation des Grands Magasins de la Samaritaine, 75001 Paris, Kazuyo Sejima + Ryue Nishizawa/Sanaa, architecte de conception, Jean-François Lagneau, architecte du patrimoine, SRA Architectes, architecte d’opération, Grands Magasins de la Samaritaine,

Mêlant des influences des deux pays, les architectes japonais sont aujourd’hui des acteurs majeurs de l’architecture contemporaine française. L'exposition présentée au Pavillon de l'Arsenal expose les projets qui devraient être construits dans les prochaines années à Paris, tandis que de nombreux autres sont en phase de concours ou d’études.

Les aspirations des Français trouvent un écho dans les principales caractéristiques de l’architecture japonaise - légèreté, fluidité, transparence, et intégration de la nature notamment. C’est donc tout naturellement que ces concepteurs participent aujourd’hui pleinement à la mutation urbaine de la capitale.

Affiche de l'exposition - Pavillon de l'Arsenal

Nicole Hayat
Dans l'agenda
Du mercredi 28 juin 2017 au dimanche 24 septembre 2017
Architecture japonaises à Paris, 1867 - 2017
Pavillon de l'Arsenal
21 Boulevard Morland, 75004 Paris
Maquettes, croquis, documents et films nous racontent comment les architectes japonais ont su créer à Paris une architecture qui leur est propre, adaptée néanmoins aux spécificités de la capitale.
sur actu.archi
Revue de presse
Publication : "Habiter le monde" de Philippe Simay présente des lieux insolites qui invitent à repenser l'écologie
Les effets de l’urbanisation et du changement climatique convergent de manière dangereuse. Les villes sont fortement vulnérables aux changements climatiques et vont devoir s’adapter. Selon l’ONU, des centaines de millions de personnes dans les zones urbaines à travers le monde seront affectées par la hausse du niveau des mers, l’augmentation des précipitations, les inondations, les cyclones, les tempêtes plus fréquentes et plus fortes, les périodes de chaleur extrême et de refroidissement. Mais aussi les changements de vie en société comme le nouveau rapport au travail, à la société de loisirs, au bien-être, etc. Pourtant, à travers le monde, certaines villes déjà ont anticipé cette adaptation. Philippe Simay, dans son livre Habiter le monde (ARTE Editions), nous entraîne dans une épopée de l’habitat humain où l’homme a su s’approprier un espace pour y vivre en sécurité, en société et en harmonie avec l’environnement. « Car habiter c’est prendre soin du monde et de soi-même ».
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