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PétitionÀ Lessac, en Charente, le centre d'architecture et de design du Domaine de Boisbuchet redoute l'installation d’une usine d'engraissement de porcs sur un terrain directement adjacent à son quartier central. Ses équipes lancent une pétition pour alerter les pouvoirs publics.
Un engraissement de porcs mine la culture à Boisbuchet - Stop it before it is too late ! © Domaine du Boisbuchet, Changes.org
Un engraissement de porcs mine la culture à Boisbuchet - Stop it before it is too late ! © Domaine du Boisbuchet, Changes.org
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La pétition comme rempart à un projet d'élevage dit «intensif» menaçant leurs locaux : les équipes du centre culturel du Domaine de Boisbuchet à Lessac, en Charente y croient. Dernier espoir, selon eux, d'interpeller les pouvoirs politiques pour empêcher la construction d'une usine d'engraissement de porcs à moins de 200 mètres du quartier général du centre alors qu'un recours en justice de l'institution vient d'être rejeté.

Centre international de recherche en design et architecture, le Domaine de Boisbuchet est un campus entouré de 150 hectares de nature protégée qui comprend un parc architectural de bâtiments historiques et contemporains. Il accueille, depuis 1990, des étudiants et professionnels dont des créatifs de premier plan tels que Shigeru Ban, Matali Crasset, Ronan et Erwan Bouroullec, Lina Gothmeh ou Alvaro Siza.

«Aujourd'hui, malgré nos efforts fructueux pour faire face aux conséquences dramatiques de la crise du Coronavirus, nous sommes sur le point d'abandonner», préviennent les équipes du centre et auteurs de la pétition. Et pourtant, «ce n'est pas le Coronavirus, mais une usine d'engraissement de porcs qui donne un "coup de grâce" au Domaine de Boisbuchet.»

Le projet de construction contesté

Relatés par les auteurs de la pétition, voici les faits connus à ce jour concernant le projet contesté. Le 26 juin 2020, le maire de Lessac en Charentes informait le centre de design et d'architecture par téléphone que la veille, il avait autorisé le permis de construire d'une usine d'engraissement de porcs sur un terrain directement adjacent au quartier central de Boisbuchet.

Cette installation prévoit alors d'être située à seulement 170 mètres du campus. Ni le maire ni les promoteurs n'auraient informés le centre au préalable de ce projet. Aussi l'institution considère-t-elle qu'à aucun moment les intérêts du Domaine de Boisbuchet, engagé dans des échanges culturels et humains depuis plus de 30 ans, n'ont été pris en compte.

«Non seulement une ferme porcine ne correspond pas à la philosophie de Boisbuchet, mais elle produira également des nuisances auditives et olfactives effrayant nos visiteurs», avancent les équipes du centre de design et d'architecture. Ils alertent sur les conséquences d'une telle décision : «Si l'usine d'engraissement de porcs est construite, ce sera la fin de Boisbuchet tel que vous l'avez connu».

Interrogée par Charente Libre, la famille Ribadière à l'origine du projet de ferme porcine conteste la qualification de l'élevage dit «intensif» par les auteurs de la pétition. «On parle de 150 à 200 animaux par an, vendus en local. C’est pas de l’intensif.», justifient-ils.

Les porteurs du projet balayent par ailleurs les craintes exposées par leurs potentiels voisins : «Les effluves de cochons ? Il y a un vent dominant d’ouest, ils auront les odeurs 2 ou 3 semaines par an. Le passage de camions sur le domaine ? On a un accès en bétaillère par-derrière, on ne passera pas tous les jours sur leur terrain. Le paysage ? Il y a une haie d’arbres de 20 mètres de haut et ils ne vivent pas de ce côté.»

La rédaction tient à préciser que tout ou partie de cet article est extrait d'un communiqué de presse