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ÉvénementLe département des plans-reliefs a rouvert au Palais des Beaux-Arts de Lille. L'occasion de (re)découvrir la collection historique des maquettes de villes du Nord réalisées sous le règne de Louis XIV et Napoléon III à travers un regard neuf et original.
Le Plan-Relief de Audenarde entièrement dépoussiéré et rénové apparaît sous un nouvel éclairage - Crédit photo : Marie crabié
Le Plan-Relief de Audenarde entièrement dépoussiéré et rénové apparaît sous un nouvel éclairage - Crédit photo : Marie crabié
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Depuis le 16 mars, le Palais des Beaux-Arts de Lille présente la nouvelle configuration de la salle qui abrite les plans-reliefs.

Après le réaménagement de l'atrium du musée en juin 2017 sous la houlette de l’architecte Ludovic Smagghe, c’est désormais le département des plans-reliefs qui se voit transformer pour offrir un nouveau regard sur ces collections historiques de maquettes de villes du Nord.

Vue d’oiseau sur la ville

Les plans-reliefs présentés au Palais des Beaux-Arts de Lille sont réalisés entre 1668 et 1870. À l’époque, ce ne sont pas moins de 260 maquettes de 150 sites fortifiés qui sont construites à des fins militaires.

Une chronique de L'été archi diffusée sur France Inter à ce sujet en août 2017 nous rappelait l'intérêt de ces réalisations :

“À chaque annexion de Louis XIV, une maquette du territoire annexé était réalisée pour que Vauban puisse réfléchir et présenter au roi la fortification qu’il allait construire. Ça donnait à voir la ville à vue d’oiseau.”

Rénové en 1997 et agrandi par les architectes Jean-Marc Ibos et Myrto Vitart, le musée des Beaux-Arts de Lille repense désormais son projet général et revisite son organisation.

La collection entière des plans-reliefs a d’abord été restaurée et la salle réaménagée par l'atelier d'urbanisme et d'architecture Hart Berteloot avec une présentation enrichie de nombreux contenus et points de vue contemporains :

"Notre objectif était de revaloriser le potentiel des plans-reliefs tout en gardant l'esprit du projet initial d'Ibos et Vitart"

Le département des Plans-Reliefs de Lille a été réaménagé par Hart Berteloot, Atelier architecture territoire - Crédit photo : Marie Crabié

Des objets d’arts convoités

Ces objets d’arts, fascinants par leur taille et leur minutie sont le fruit d’un assemblage de bois, de cartons imprimés ou peints, de poudres de soie ou encore de fils de fer qui ont été conservés entre Lille et Paris.

Largement oubliés jusque dans les années 1980, la collection des plans-reliefs attise pourtant les convoitises et provoque même une controverse politique forte, « la bataille des plans-reliefs ».

Fragment du plan‐relief d’Ath © Palais des Beaux‐Arts de Lille, photo JMDautel

C’est Pierre Mauroy, premier ministre mais aussi maire de Lille au début des années 80, qui déclenche les hostilités alors qu’il décide de transférer une partie des maquettes à Lille.

Quelques années plus tard, La droite de retour au pouvoir s’oppose à ce transfert, de peur que chaque ville ne « revendique sa maquette » désagrégeant ainsi la collection unique des plans-reliefs. Un compromis est finalement trouvé en mars 1987.

Une exposition interactive et innovante

Aujourd’hui, 14 plans de villes fortifiées du nord de l’Europe dont 6 françaises, 7 belges et 1 néerlandaise sont présentés aux Beaux-Arts de Lille en étroite collaboration avec le Musée des plans-reliefs de Paris, propriétaire de la collection.

Pour cette réouverture, le Palais des Beaux-Arts mise sur l’innovation et l’interactivité. Notamment grâce à un dispositif numérique développé sur mesure pour le plan-relief de Lille qui permet de zoomer sur l’objet à l’échelle d’un bâtiment sur un écran tactile.

Les plans-reliefs revisités aux Beaux-Arts de Lille - Crédit photo : Le Palais des Beaux-Arts de Lille

L’outil numérique offre par ailleurs la possibilité d’une « géolocalisation affective » de l’adresse de son choix grâce à un moteur de recherche recouvrant l’index des rues de Lille, Lomme et Helemmes.

Autre grande innovation, celle-ci moins convaincante, le dispositif de réalité virtuelle "Lille du diamant bleu". À travers une narration loin d'être indispensable et une réalisation assez maladroite, une plongée à 360° dans la ville du XVIIIème siècle est proposée au visiteurs.

Loin de se substituer à la découverte physique - via les plans-reliefs - du Lille d'antan, le dispositif est pourtant abondamment relayé dans la communication du musée :

“Au cours d’un périple de 7 minutes, [les visiteurs empruntent] les anciens canaux, [écoutent] la ville et [poursuivent] le diamant bleu de la couronne de France.”

L'exposition est à découvrir au Palais des Beaux-Arts de Lille. Toutes les infos sont à retrouver ici.

*L'article, initialement publié le 11 mars 2019, a été mis à jour ultérieurement, avec ajout notamment d'une citation des architectes du projet, et d'une description du dispositif de réalité virtuelle.

Marie Crabié
Dans l'agenda
Samedi 16 mars 2019 à 10h00
Réouverture de l'exposition des plans-reliefs
Palais des Beaux-Arts de Lille
Place de la République, 59 Lille
À partir du 16 mars, le département des plans-reliefs réouvre au Palais des Beaux-Arts de Lille. L’occasion de (re)découvrir la collection historique des maquettes de villes du nord réalisées sous le règne de Louis XIV et Napoléon III à travers un regard neuf et original.
sur actu.archi
Revue de presse
Publication : "Habiter le monde" de Philippe Simay présente des lieux insolites qui invitent à repenser l'écologie
Les effets de l’urbanisation et du changement climatique convergent de manière dangereuse. Les villes sont fortement vulnérables aux changements climatiques et vont devoir s’adapter. Selon l’ONU, des centaines de millions de personnes dans les zones urbaines à travers le monde seront affectées par la hausse du niveau des mers, l’augmentation des précipitations, les inondations, les cyclones, les tempêtes plus fréquentes et plus fortes, les périodes de chaleur extrême et de refroidissement. Mais aussi les changements de vie en société comme le nouveau rapport au travail, à la société de loisirs, au bien-être, etc. Pourtant, à travers le monde, certaines villes déjà ont anticipé cette adaptation. Philippe Simay, dans son livre Habiter le monde (ARTE Editions), nous entraîne dans une épopée de l’habitat humain où l’homme a su s’approprier un espace pour y vivre en sécurité, en société et en harmonie avec l’environnement. « Car habiter c’est prendre soin du monde et de soi-même ».
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