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ÉvénementCe mercredi 1er juillet au Pavillon de l'Arsenal, a lieu la deuxième rencontre qui interroge le monde d'après, avec notamment Philippe Madec et Jean Bocabeille. L'événement fait suite au forum «Et demain, on fait quoi ?», et invite usagers et spécialistes de l'aménagement du territoire à réagir en direct et sur les réseaux sociaux.
Rencontre #2 - Frugalité, ruralité et participation © Pavillon de l'Arsenal
Rencontre #2 - Frugalité, ruralité et participation © Pavillon de l'Arsenal
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À partir des quelques 150 contributions recueillies dans le cadre de son forum Et demain on fait quoi ?, le Pavillon de l'Arsenal, avec tema.archi, organise sa deuxième émission ce mercredi 1er juillet 2020, à 19h. L'événement vise à nourrir le débat autour du thème Frugalité, ruralité et participation, en compagnie d'architectes, urbanistes, sociologues et tous habitants.

Une nature sous contrôle

Planifier, prédire, contrôler. La nature, ne s'est-elle pas jouée de nous dans la crise sanitaire qui nous touche actuellement s'interroge Jean Bocabeille ? Alors que les architectes tentent de l'intégrer dans nombre de leurs projets, alors que les bacs à fleurs et arbres viennent verdir nos villes, la nature — par définition incontrôlable — ne vient-elle pas de mettre en péril notre «monde si bien organisée», de retourner «contre nous notre propre naturalité sauvage» et de nous renvoyer à notre «finitude».

Ce contrôle de la nature tient, selon l'architecte, d'une obsession que la pause imposée par la crise sanitaire a finalement mise en branle. Il prône ainsi la culture de la mauvaise herbe :

«Les plus belles compositions, à mon sens, sont celles qui ne sont pas (ou pas trop) entretenues mais qui sont envahies par ces fameuses mauvaises herbes.»

Si pour prédire nous sommes «bons», pour agir nous le sommes moins à en croire l'architecte Philippe Madec qui rappelle, depuis quelques années désormais — notamment dans le cadre du Manifeste de la Frugalité Heureuse et Créative qu'il co-signait en 2018 — , la responsabilité collective des «bâtisseurs» pour «réparer et adapter l’établissement humain.»

«Le secteur de la construction et du bâtiment est resté trop longtemps hors radar des analyses d’impacts environnementaux, alors qu’au niveau mondial, les bâtiments représentent près de 40% des émissions de gaz à effet de serre et 36% de la consommation totale d’énergie», prévient l'architecte.

Agir collectivement

Mais l'espoir de faire mieux avec moins est là, selon Philippe Madec:

«Nous savons comment faire et avons déjà mis en œuvre les solutions architecturales et techniques de demain.»

C'est ainsi par le nombre, «nombreux, groupés» que nous pourrons mettre en œuvre et enfin, faire mieux.

Un point de vue que partage également Eulalie Blanc, directeur associée de DVTUp pour qui, les solutions doivent advenir par le biais de projets collectifs, des «projets participatifs dans l’espace physique [...] pour nous propulser dans un monde fait de personnes et de relations.» Des relations, qui, à l'échelle locale se sont révélées précieuses pendant la crise sanitaire, «permettant la résilience, la solidarité et la continuité des services quand parfois la puissance publique ne le pouvait pas», exprime-t-elle.

«Nous défendons l’idée que le développement de lieux et de solutions par leurs usagers crée une externalité positive en générant une économie locale plus dynamique par une attractivité commerciale accrue, des filières locales et une valeur immobilière renforcées, la baisse des coûts liés à la sécurité et à la santé. À ce jeu, les villes secondaires et les territoires ruraux sont bien souvent porteurs d’initiatives innovantes.»

Repenser nos campagnes

Ces territoires ruraux enfin, l'étudiante Violette Soleilhac, les observe à l'aune de l'engouement qu'ils ont suscité durant la crise sanitaire. «À l’image du réseau internet pleinement sollicité durant cette période inédite, les campagnes adoptent le rôle de refuge pour braver cette obligation du «restez chez vous». Alors le semblant d’exode urbain initié par la propagation du Covid-19, ne montre-t-elle pas toute l’importance des campagnes qui joue aujourd’hui le rôle de deuxième domicile ?», s'interroge-t-elle.

Le bâtiment rural vacant d’aujourd’hui, une potentielle ressource pour demain © Violette Soleilhac

Elle estime de son côté que cet exode rural n'est pas anodin :

«Si tant de citadins choisissent de se confiner hors des grandes aires urbaines, c’est qu’ils trouvent dans l’espace rural davantage de qualités et d’aménités propices à un confinement moins difficile à assumer qu’en plein centre-ville.»

Elle invite dans cette perspective, à repenser nos campagnes en profondeur, à imaginer le type d'habitat que nous souhaitons pour l'avenir, à réhabiliter et impulser le renouveau de nos territoires ruraux, une potentielle ressource pour demain.

L'événement

Enregistré en public depuis la grande halle du Pavillon de l’Arsenal à Paris et animé par le rédacteur en chef de tema.archi David Abittan, l'événement sera retransmis en direct sur internet pour ainsi permettre aux spectateurs, sur place ou «depuis leur salon», d’enrichir le débat en partageant eux aussi leurs idées et interrogations sur les thématiques traitées.

Accessibles à tous en ligne, les contributions recueillies dans le cadre du forum donnent également lieu à une présentation au Pavillon de l’Arsenal depuis le 16 juin, date de réouverture des espaces d'exposition.

L'inscription à l'événement in situ est obligatoire (places limitées) en suivant ce lien. L'événement est à suivre en live depuis la page Facebook du Pavillon de l'Arsenal.

Marie Crabié
Dans l'agenda
Mercredi 1 juillet 2020 à 19h00
Rencontre «Frugalité, ruralité et participation
» avec Jean Bocabeille, Philippe Madec, Violette Soleilhac et Eulalie Blanc.
Pavillon de l'Arsenal
21 Boulevard Morland, 75004 Paris
Ce mercredi 1er juillet au Pavillon de l'Arsenal, aura lieu la 2e rencontre qui interroge le monde d'après. L'événement fait suite à l'appel à contribution lancé pendant le confinement intitulé « Et demain, on fait quoi ? » et invite usagers, architectes et spécialistes de l'aménagement du territoire à participer et réagir en direct et sur les réseaux sociaux.
sur images.archi
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Ecole Maternelle « Les Calades » à Saint-Gilles | NAS architecture
À Saint-Gilles, en Camargue, l’agence NAS architecture mène le projet de réhabilitation et d’extension de l’école primaire « Les Calades ». Pour cette opération qui s’est déroulée en site occupé, les architectes ont pris le parti d’implanter le nouveau volume en toiture pour ne pas encombrer la cour de récréation. Présent en structure et en façade, le bois choisi pour sa rapidité de mise en oeuvre, sa propreté et son caractère bio-sourcé, fabrique la nouvelle identité du bâtiment. À travers cette réalisation, les concepteurs relèvent le défi de la réhabilitation en imaginant une architecture complémentaire qui créer une nouvelle image tout en respectant les traces de l’existant.
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