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EvénementCohérence et pédagogie sont sans doute les deux mots qui ont guidé les conservateurs du Centre Pompidou pour un nouveau parcours du musée et une nouvelle présentation des collections contemporaines. Beaubourg propose un nouvel accrochage des oeuvres, qui relie les collections modernes et contemporaines jusqu'alors accessibles via deux entrées.
Nouvel accrochage des collections © Centre Pompidou, MNAM-CCi Philippe Migeat
Nouvel accrochage des collections © Centre Pompidou, MNAM-CCi Philippe Migeat
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Le spectacle débute au cinquième étage avec une magnifique vue des toits de Paris, première étape avant la visite des collections d'art moderne. Depuis le 16 octobre, il n'est plus possible d'accéder à l'exposition permanente que par cette entrée, avant d'enchainer via l'escalier intérieur vers l'art contemporain, qui bénéficie d'un nouvel accrochage à l'étage inférieur.

Un parcours cohérent et didactique

Les collections qui ouvrent la visite retracent les temps forts de l'histoire de l'art du début du vingtième siècle. On y croise les artistes emblématiques de la période : Matisse,  Braque, Picasso, Kandinsky, Kupka, parmi beaucoup d'autres, et on y traverse les mouvements fondateurs de l'art moderne (fauvisme, cubisme, surréalisme, etc.). Les œuvres sont représentatives d'un moment, ce sont des œuvres fondamentales susceptibles de clarifier l'histoire d'un artiste ou d'un mouvement.

Nouvel accrochage des collections © Centre Pompidou, MNAM-CCi Philippe Migeat

Avec un souci de continuité entre les deux niveaux du musée, l'histoire continue un étage plus bas sur le même modèle : des œuvres majeures pour donner au public des marqueurs clairs et une progression chronologique ponctuée de repères de l'époque afin de bien s'emparer du contexte. Nul doute qu'avec cette nouvelle présentation, le visiteur s'appropriera plus facilement l'histoire de l'art.

D'un niveau à l'autre, c'est l'allée centrale qui organise le parcours, jalonné de sculptures. Le Baiser de Constantin Brancusi, par exemple, trouve son écho dans la sculpture de Carl André : le même rapport physique à l'œuvre. Ici c'est une sculpture couchée au sol : un carrelage fait de plaques d'étain assemblées sur lesquelles on marche, mais aussi une scène où nous sommes les acteurs de l'œuvre.

Un public acteur et impliqué

Pour éviter que le public ne se sente déconnecté, fini le passage plus ou moins intéressé devant une multitude de chefs-d'œuvres qui font oublier l'exceptionnel de chacun. Le parcours est ponctué par des pratiques monumentales, des installations complètes ou des sculptures à la limite de la construction architecturale.

Ben, Le magasin de Ben © Philippe Migeat - Centre Pompidou, MNAM-CCI Dist. RMN-GP © Adagp, Paris

Il s'agit, par exemple, du Magasin de Ben (1958/73), un énorme bric-à-brac dans un espace qui n'a cessé d'évoluer pendant plusieurs années. Rien d'étranger pour le visiteur qui y retrouve des objets du quotidien. On peut même entrer dans l'univers plus intime, troglodyte, de Dubuffet, le Jardin d'hiver, réalisé à la fin des années 60. Ici, tout est concret, le public est impliqué dans la découverte des œuvres.

Il faut se courber par exemple pour accéder à l'espace clos et énigmatique de Plight (1985) de Joseph Beuys - il y fait alors lourd, au milieu d'un silence impressionnant. A l'inverse, on s'assoit dans Auditorium de Franz West (1992), un espace de divans recouverts de tapis usés peu engageants à la vue mais dont le rembourrage peut assurer un doux bien-être. Quant à Giuseppe Penone, il réveille notre odorat lorsqu'on entre dans une petite salle dont les murs sont tapissés de feuilles de lauriers, Respirare l'ombra (1999 - 2000).  

Nouvel accrochage des collections © Centre Pompidou, MNAM-CCi Philippe Migeat

Le témoignage d'une époque

Les artistes nous interpellent et nous associent à leur sensibilité face aux événements et mutations de la société. On passe ainsi les différents mouvements des cinq dernières décennies via tous types de media (Body art, Art minimaliste, etc.). 

On assiste même et aussi à la remise en cause de la notion d'œuvre et d'artiste. A l'image notamment du triptyque « Sans titre » (1974) de Robert Ryman, d'autant plus remarquable au sein de ce nouvel accrochage. Il pousse le minimalisme jusqu'à éliminer toute forme de trace de la main et c'est au visiteur de projeter ce qu'il a envie sur la toile.

Nouvel accrochage des collections © Centre Pompidou, MNAM-CCi Philippe Migeat

Nicole Hayat